Culturissime c’est le chic de l’hybridation de la culture du corps et de l’esprit dans un espace commun où l’un fonctionne dans l’autre. Une rencontre improbable de deux univers régis pourtant par le même terme : culture. Nous jouons ici sur des mots généralistes qui ouvrent à l’interprétation. Culturissime est une proposition singulière de dispositifs d’activation culturelle par l’activation du corps. Culturissime se présente comme un complexe sportif dont la particularité est l’interaction entre les activités physiques et les dispositifs artistiques via l’interface de machines et mécanismes techno-logiques. Technologie, un terme dont la contextualisation contemporaine occulte le pan anthropologique pourtant si formateur de la culture intellectuelle et physiologique. C’est dans la réunion métaphorique de Culturissime que peut s’établir une synthèse méta-chronique répondant à cette question : qu’est-ce que la culture ?

En savoir plus : Culturissime.

Biennale de Pancevo (Serbie), septembre 2008

http://www.bijenaleumetnosti.rs/

Pour la treizième biennale de Pancevo (Serbie), Art-Act présente l’un des modules du projet Culturissime : l’ère d’exercices. Un espace d’entrainement qui joue sur l’articulation entre le corps et l’inscription de l’esprit à l’intérieur d’un contexte culturel donné.

Culture, comme une norme qui établit les conventions d’être et vivre ensemble, implique aussi une contreculture. Les ballons incarnent la métaphore duslackspace, espace libre qui permet de possibles agissements de façon insidieuse.La culture est l’enveloppe qui contient l’air invisible et la contre-culture est cet air qui donne sa forme à l’enveloppe.Tandis que l’une est formelle, l’autre est informelle. Et le moyen d’être comme une stratégie d’apparence vient de la tension entre ces deux éléments, de leur confrontation.

Nous avons apposé sur des gymballs toutes les définitions possibles de la culture, obtenues à partir d’un générateur informatique. Deux vidéos qui dévoilent et débattent de la position de la culture associée au bodybuilding ainsi qu’aux jeux d’intelligence et de rapidité (Questions pour un champion, appuyez sur le champignon si la réponse vous est connue, appuyez plus rapidement, plus fort, si vous souhaitez prendre de court vos concurrents) ou attractions de foire (punching ball sur lequel les adolescents mesurent leur force et se challengent) sont également diffusées en continu sur l’aire.

4 affiches grand formats (1,20m x 80cm) indiquent et invitent à l’exercice :
“If only I knew then what I know now” (« Si seulement je savais ce que je sais maintenant »)

L’observation du public face à cette œuvre est intéressante. Si nous pouvions craindre que les participants craignent de manipuler les ballons au sein de cette aire, cela ne s’est absolument pas vérifié.  Notre souhait résidait dans une interaction décomplexée dans l’installation. Nous avons été servis ! Les enfants se jettent les ballons à la figure, sautent dessus, refont les exercices. Les adultes s’en servent comme assises et certains tentent une séance d’abdominaux tout en lisant les contenus affichés sur les ballons.

La culture, je la jette.

La culture, je m’assieds dessus.

La culture s’abime, la culture me repose, la culture est plus vaste ce que j’en perçois, la culture est fragile, la culture s’applique, la culture c’est du lien, la culture est mixte, la culture est complexe, la culture est immédiate…

Article rédigé par la curatrice de la biennale :
How to politicize the depoliticization of art?
http://eipcp.net/policies/vilenica/en
Site officiel de la biennale :
http://www.bijenaleumetnosti.rs/bijenale2008/en/