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Description

Cette installation – réalisée à l’occasion de l’exposition : « Aux bords des paysages » (juillet-octobre 2015 au Prieuré de Saint-Jean de Cuculles – est composée de 3 modules.

« Mu Arae » emprunte à l’astrophysique son appellation. Il s’agit d’un système planétaire composé de 4 exoplanètes dont certaines auraient la particularité d’être super-habitables. Car, si aujourd’hui les avancées de visualisation et les découvertes faites en astronomie permettent d’établir qu’il existe d’autres systèmes solaires et planétaires, pour autant on peut également affirmer qu’il existe des milliers d’exoplanètes super-habitables, réunissant donc des conditions propices à l’homme pour son développement (atmosphère, composants, magnétisme, éléments).

Mu Arae figure donc la perspective utopique d’un autre monde, reprenant des codes propres au nôtre et soumis à des perceptions variables et différentes du nôtre. La paysage découle avant tout du point de vue et le point de vue dérive d’une perception propre à chacun.

Il s’agit donc dans ce projet de jouer à la fois entre perception et habitudes, mais aussi questionner l’image face à une prospective de l’imaginaire.
Le module principal de cette installation est un jeu vidéo, jouable avec un nunchuck.

Ce jeu vidéo, conçu avec Unity, reprend des codes spécifiques de la modélisation 3D et de la conception virtuelle d’univers. Arbres, animaux, végétaux, minéraux, eau et conditions climatiques variables s’assemblent pour constituer une île au sein de laquelle le spectateur peut évoluer, visiter, et observer les variations. Ce jeu vidéo, conçu plutôt dans une visée contemplative, a sa vie propre. Il obéit à des cycles entiers de jour/nuit mais aussi à une saisonnalité variable. Par ailleurs, sans même intervenir dans le jeu, une déambulation aléatoire intervient au gré du temps, permettant ainsi de constituer en permanence de nouveaux points de vue.

Le jeu prend la forme d’un salit-screen. Un écran divisé en deux au sein duquel les points de vue se complètent sans pour autant obéir à notre habituelle perception. L’orientation différemment et crée ainsi des variations de composition visuelle et déroute le joueur dans sa déambulation.

Face au jeu vidéo est disposé au sol une forme circulaire sur laquelle est projetée l’incessant déplacement d’oiseaux.

Une forme de miroir ou de trouée spatio-temporelle dans laquelle on reconnaît les mêmes oiseaux que ceux apparaissant parfois dans l’univers du jeu vidéo. Ces oiseaux sont dans un espace dont on ne peut définir l’orientation. Et le spectateur est lui-même placé dans une position où il observe au sol ce qui, normalement, se situerait au ciel.

Enfin, une petite boite de bois couleur acajou se trouve en contrepoint des deux autres modules, plus spectaculaires. Cette petite boite est ornée, sur son dessus, d’une vieille loupe. Malgré la déformation induite par la loupe, on devine l’image d’une île en rotation et reconnaissons des éléments aperçus sur le jeu vidéo. Les croisements visuels et réminiscences observées dans ces 3 modules sont voulus et sont des invitations renouvelées pour les publics de replacer leur regard dans un autre contexte.


Mu Arae, le jeu

Mu Arae, la boîte