Descriptif
MyFlag est une interprétation d’anthropologie visuelle sur la question de l’auto-représentation. Comment résumer la complexité d’un individu en un signe unique ? La piraterie offre de nombreux exemples sous la déclinaison du Jolly Roger (drapeau pirate à tête de mort) agrémenté de symboles relatifs au pirate représenté par ce pavillon.

Avec la multiplication des espaces d’auto-représentation de type MySpace, il est intéressant de revenir sur ces pavillons qui se dressaient sur les mers en signe d’une liberté affirmée et assumée.

Lire le texte MyFlag, social networking et réappropriation dialogique, par Lilith Knup.

Les générations suivantes sont extraites de générateurs programmés et combinant aléatoirement des dessins conçus par Art-Act. La logique générative est ici poussée à son paroxysme.
Afin de produire de nouvelles générations, cliquer sur une touche de votre clavier.

http://art-act.fr/wp-content/uploads/gen2/second_gen_777.swf

Mise en situation

Dans la mise en application de ces générateurs, il nous fallut trouver le bon contexte et lieu. C’est en déambulant dans la ville de Pau et durant le Grand Prix de Pau et Grand Prix Automobile, que nous avons saisi l’opportunité d’envahir et apposer nos affiches. Effectivement, durant deux semaines consécutives, la ville se voit transformée totalement pour laisser la place à un spectacle pour le moins étonnant. Plusieurs courses automobiles s’y tiennent, WTCC, WRC, voitures anciennes et de prestige, bolides rutilant et hurlant, dégageant des gazs d’échappement à longueur de journée. Cette période fut étonnante non pas en raison de ces courses mais plus par rapport aux méthodes d’encadrement, canalisation et privatisation de l’espace public. La municipalité, première complice n’hésite pas à créer des zones dont l’accès n’est conditionné que par l’achat de tickets d’entrées. Outre les coûts exorbitants de ces pass, il semble inadmissible de voir les trottoirs coupés des rues par des barrières métalliques hautes de 2 mètres, voir les passants marcher sur des routes en activité et non bloquées, repérer des vigiles à chaque ouverture et poser de lourds cadenas en leur absence sur les panneaux mobiles.


Il semble étonnant aussi de voir les différents accès à la ville canalisés ainsi que les rares points de vue délibérément condamnés, amenant le citoyen à subir la nuisance sonore et les autres désagréments associés à ce contexte (pollution de l’air, nuisances nocturnes, centre-ville chaotique)sans aucune contrepartie. En somme, le pouvoir de la ville s’associe à un évènement lucratif mobilisant tous ses services (voirie, police municipale, manutention, nettoyage, communication, échafaudages…) et sans aucune contrepartie réelle pour les habitants de la ville. Le discours politique abondera de contre-arguments et tournant notre position en ridicule contestation, arguant que de tels évènements sont des opportunités d’exister hors d’une région pour la ville, que les retombées économiques sont conséquentes pour l’ensemble des commerces, restaurants et hébergements, qu’il faut maintenir une tradition sportive et médiatique…

Nous connaissons les discours des pouvoirs, suffisamment pour en comprendre les mécanismes. Mais, la réalité du terrain et la violence qui en ressort balaient tous les mots. Pau, chaque année devient un camp avec ses espaces autorisés et non-autorisés, une zone dont la gestion échappe au regard et à l’acte d’exister. La violence réside d’autant plus dans ce constat que le spectacle n’est disponible qu’aux quelques badauds suffisamment fortunés pour y assister. En une période de plus en plus chaotique économiquement et socialement, le sentiment d’exclusion s’accroit. L’espace public se brade et se divise en parcelles. C’est dans ce contexte si particulier qu’il a semblé à Art-Act véritablement juste d’intervenir. MyFlag questionne la notion d’identité et d’autoreprésentation, MyFlag invite à se réapproprier des espaces qui jouent sur ce hiatus entre public/privé, virtuel/réel, alors faisons !

La campagne d’affichage qui a eu lieu a permis de réaliser une quinzaine d’affichages sauvages sur les barrières et lieux stratégiques. Chaque affiche faisait entre 1,50 mètres et 3,50 mètres de hauteur. Certaines mesuraient 4,50 mètres et ont été déroulées sur des ponts situées à quelques dizaines de mètres des stands des écuries automobiles.

D’autres furent des tapis de gym bombés et placés sur des bassins.

Voici quelques photos en témoignage de ces actions éclairs.